Interview de Guillaume Vimeney

 

Interview de Guillaume Vimeney, favori du Grand Raid par Christophe Faligon, Yanoo Run Communauté

- Comment s'est déroulé le 177 km du Grand Raid l'an passé malgré ton abandon?

Excellemment… Le GRM est une course magnifique et j’ai hâte d’arpenter à nouveau les chemins bordant le Golfe du Morbihan. Durant mes dix heures de course, j’ai pris beaucoup de plaisir. Près d’un an après, j’ai encore plein d’images et de souvenirs en tête. L’ambiance, le parcours, les bénévoles, tout était parfait. Malheureusement, l’an passé, mon aventure s’est arrêtée prématurément au 120e km. Je regrette vivement de ne pas être allé au bout. C’est pour cela que je vais revenir, plus motivé que jamais, en juin prochain.

En 2011, après la traversée en bateau, un peu avant le 100e km, mon estomac s’est retourné et je ne pouvais plus m’alimenter. J’ai pris un départ rapide, qui a très certainement fragilisé mon organisme. J’ai tiré beaucoup d’enseignements de cet échec. Je sais qu’il faut que je sois plus attentif à certains signaux, et ne plus me laisser envahir par mes émotions. Ceci dit, je ne conserve que les bons moments de cette aventure. Cela a été une très belle expérience !

 

- Une course maitrisée partiellement donc ?

Très partiellement, je dirais. L’année dernière, j’étais revanchard et plein de fougue au départ. Je n’avais peur de rien, même pas de courir les 177km seul loin devant. Les choses ont changé. Je me suis apaisé. J’ai pris conscience qu’il fallait user de plus de sagesse, laisser de côté mon empressement et mon trop grand enthousiasme. Il faudra que je sois davantage patient, prudent et mesuré. L’année dernière, il m’a cruellement manqué d’expérience sur ce type d’épreuve. J’espère que fin juin, je ferai une course intelligente, où je resterai maître de moi-même et respecterai mon plan de course


- Que penses-tu du parcours ?

Le parcours du GRM me paraît finalement assez insidieux. Le parcours est plat, mais comporte des montées ici et là, qui au final font mal. Il ne faut pas se faire prendre au piège et respecter son allure. A côté de çà, on prend beaucoup de plaisir à courir autour du Golfe. Il faut simplement veiller à ne pas aller au-delà de son rythme pour profiter au maximum de chaque instant et de chaque paysage. C’est un parcours qui conviendra parfaitement aux circadiens.

 
- As tu été surpris par le parcours ?

L’année dernière, j’avançais dans l’inconnu. Je découvrais le parcours au fil des kilomètres. J’ai quand même été un peu surpris par le caractère sauvage de certains chemins côtiers. J’ai également été étonné par l’engouement autour de la course et les encouragements reçus par les spectateurs. Ce sont de beaux souvenirs. Le départ me renvoie aussi de belles images, avec des tas de spectateurs sur les premiers kilomètres.


 

- Cette année,  tu reviens, tu changes quoi dans ta prépa ?

Beaucoup de choses ont changé dans ma préparation. En 2011, j’avais programmé deux grands objectifs au mois de juin : la Trans Aq’ et le Grand Raid du Morbihan. La Trans Aq’ (230km en 6 étapes) nécessite d’avoir une bonne vitesse de base, car les étapes sont plus ou moins longues (de 30 à 60km). L’an passé, je me rendais sur la piste pour travailler la vitesse et la VMA au moins trois fois par semaine. Pour préparer le GRM, c’est trop. Aujourd’hui, je m’interdis d’aller sur la piste plus d’une fois par semaine. Je privilégie le volume et les kilomètres à la vitesse. Cependant, j’ai conservé une excellente VMA, même si je la travaille moins depuis quelques mois.

 
- Tu conseilles quoi à des coureurs qui vont le faire pour la première fois ?

Je leur conseillerai très modestement de partir avec un plan de course, composé d’une vitesse de base à respecter qui aura été travaillé à l’entraînement, et de s’y tenir le plus longtemps possible. L’enjeu réside dans la spécification de cette vitesse. Elle ne doit surtout pas être trop élevée. Il ne faut pas oublier que l’on part pour 177km. Durant ce périple, on connaît tous des hauts et des bas. Pour optimiser sa performance, il faut savoir être maître de ses émotions. Ne pas s’enflammer et accélérer quand on se sent bien, et inversement, ne pas baisser les bras quand on est dans le dur. Il faut trouver un équilibre émotionnel qui n’est pas toujours aisée à maintenir, compte tenu de l’imprévisibilité des évènements de course.

 

- Sinon cette année tu fais quoi comme course ?

J’ai commencé ma saison relativement tardivement. J’ai repris la compétition au mois de mars, où je viens d’enchaîner quatre week-ends consécutifs de courses. J’ai fini 2e au Trail de l’Etoile Filante (10.8km), 2e aux 6 heures de Buc (avec 82km, derrière Jean-Jacques Moros), 4e au Trail du Marensin (45km) et enfin 1er au Trail du Josas (35km). La succession de compétitions a été enrichissante et m’a donné confiance pour mes prochains défis. Je me sens plus aguerri que l’année dernière à la même époque. J’ai notamment bien plus d’expériences, et sur de l’ultra, c’est une donnée fondamentale qui fait souvent la différence. A la fin du mois d’avril, je serai présent sur la Bretagne Ultra-Trail (115km) qui m’a paru la meilleure course pour préparer le GRM. En mai et juin, on me verra sur les Foulées Cernaysiennes, le trail des Carrières, le Trail du Castor Fou, ainsi que la Maxi-Race d’Annecy. Le Grand Raid du Morbihan constituera l’objectif de ma première partie de saison.

Cet été, j’espère réaliser un gros travail de volume en perspective des championnats de France de 24h de Vierzon. Entre temps, je prendrai le départ de la TDS. Enfin, je finirai cette saison avec la Diagonale des Fous, où mon but sera simplement de profiter de mes compagnons, de l’ambiance et des paysages.


- Peux-tu nous donner quelques exemples d'entrainements typique grand fond ...

Je ne suis pas un grand amateur des sorties longues de 5 ou 6h. A l’entraînement, je cours rarement au-delà de 4h. Généralement, je m’appuie sur des compétitions longues distances pour me préparer pour les objectifs majeurs. Par exemple, ma première partie de saison est construite pour que je sois au top de ma forme fin juin, pour le Grand Raid du Morbihan. A ce titre, je vais enchaîner des courses (6h de Buc, Marathon de Paris, Bretagne Ultra-Trail, Maxi-Race d’Annecy…) qui vont m’y préparer.

Pour autant, quand je n’ai pas de compétitions programmées, le week-end, je réalise des entraînements en endurance (12km/h). Je pars à 8h du matin, le plus souvent à jeun. J’emporte dans mon sac Skin eau, bananes et barres énergétiques. Je reviens chez moi aux alentours de midi. Plus tard dans la journée, j’essaie de faire une séance de vélo tranquille (1h30). Le but est de conserver une allure constante, régulière, et d’arriver au bout des quatre heures, sans difficultés, sans tiraillements, sans douleurs.

 

Le 24 mai 2012

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