TEMOIGNAGES
L'ultra trail du Morbihan 2012, 177km et 1042m D+, 22-24 juin 2012
Et me voici de retour d'une belle escapade en terre bretonne, infidélité indéniable aux parcours alpins et massif centraux, comme un appel vers le grand ouest et ses limites ultra marines! La distance, le profil, la beauté promise du site, tout semblait justifier ce choix, si ce n'était les aléas de la météo, et ce fut en tout et sans conteste un choix de roi!
Réglons le compte du climat, il y eut aux dires des locaux, comme un moment de grâce offert aux traileurs (et aux organisateurs) avec deux journées lumineuses, juste fraiches à souhait, à peine ventées pour sécher les fronts en sueurs, coincées entre deux dépressions dont la Bretagne a le secret.
Maintenant, plutôt qu'un compte-rendu un peu fastidieux réglé sur la chronologie, allons-y pour quelques impressions glanées de ci de là, les narines au vent et le regard en perpétuel errance sur ces vastes espaces offerts par ce golfe magique.
Dès la sortie du port de Vannes, c'est évidemment le délicat fumet du varech fraichement agité par la marée montante qui me ravit comme l'on hume une bourriche d'huîtres (on sent bien là une émotion de lyonnais en manque de mollusques et de ballades océanes). Puis vint immédiatement cet incroyable jeu des lumières du soir (départ à 19h, donc une somptueuse fin de jour, étirée jusqu'à 23h bien comptées) miroitant sur le lac tourmenté du golfe, les flaques oubliées par la marée, les nues mordorées, bref tout ce qui inspira en d'autres temps l'école de Pont-Aven et d'autres grands amateurs des marines impressionnantes (-istes). Ce jeu ne cessera que le temps d'une courte nuit, pour reprendre de plus belle au petit matin blême lorsque les iles toutes proches émergent de l'encre fraiche oubliée par les poulpes en maraude (image improbable, mais qui me vient sous la plume).
Puis le cheminement, élément tout de même capital pour évaluer la qualité d'un ultra. En très grande partie, le chemin, dit du littoral, coincé entre le golfe et des terres protégées et souvent privées; âpre lutte foncière entre le passage public et de somptueuses propriétés privées, manoirs de granit sombre aux lignes épurées, souvent au contact direct des clapotis marins. Il en résulte de nombreux passages si étroits qu'une démarche à l'égyptienne s'impose. Puis vinrent très vite aussi de vastes zones de pins maritimes aux lignes pures de bois noir sur fond d'azur et d'ocre des terres pauvres, des cyprès antiques, énormes et tordus par les vents, monstres ventrus aux allures inquiétantes, propices aux hallucinations de la deuxième nuit, d'autant que parfois sculptés volontairement par les artistes du coin. Puis s'enchainèrent les traversées des villages chaulés et proprets, où le blanc vibrant des murets contraste avec le gris minéral des toits ardoisés. Un mot pour la marée (le flux et reflux me font marrer disait R. Devos): ce rythme immuable de remplissage/vidange de l'énorme baignoire offre la vision des courants puissants qui accompagnent chaque cycle en sens alterné et surtout le renouvèlement constant du paysage, de la riviera méditerranéenne à marée haute aux vastes et vaseux marais bretons ou s'engraissent paisiblement nos huitres du réveillon à marée basse.
Mais revenons à nos baskets.
Donc, départ euphorique le vendredi 22 juin à 19h précises à plus de 600 coureurs, avec quelques échanges mi-réalistes mi-inquiets des "anciens" du trail "et dire que seulement un sur deux des partants arrivera à bon port (de Vannes)!". Et les belles découvertes évoquées ci-dessus nous faisaient apprécier d'autant notre chance d'être là, à trotter avec les mollets encore pleins d'appétence (presque du 8 à l'heure dans les deux premières heures). Puis vint la nuit, son petit cérémonial d'installation de frontale, petite laine au cas où, on vérifie que les barres énergétiques sont bien en place, réserve d'eau bien clapotante, et nous sommes prêts pour environ 6h d'obscurité (plus, chance de la météo, cette obscure clarté qui tombe des étoiles). Tout de même, un trail est un trail et les orages violents des jours derniers ont laissé leur lot de cloaques maxima et traversées de prairies inondées. Nos baskets gorgées d'eau saumâtre et boueuse auront le temps de sécher pour se retremper beaucoup plus tard dans des passages obligés à marée haute dans l'eau fraiche et bien iodée des plages envahies (un cadeau des organisateurs zélés pour rafraichir nos petons malmenés et pour certains ampoulés et déjà soignés aux 4 grandes étapes de la course).
Dénivelé: 1000D+. Je n'y croyais pas en lisant cette info sur le site de l'épreuve: je vous garantis qu'ils y sont bien tapés, sous forme d'une multitude d'escaliers, pour monter/descendre du chemin de douanier à la plage et réciproquement, puis l'escalade de toutes les rares collinettes des parties les plus terriennes du parcours, puis une infinie variation de bosselettes du chemin, mini montagnes russes qui cumulées font que ce tour ultra-marin n'a rien de plat ni de paisible, racines en tout genre, chicanes, bref de l'authentique bourlingue, qui n'a pas à rougir devant les parcours alpins (enfin, c'est quand même globalement plus plat).
En vrac aussi, le dépassement par les premiers coureurs du 56km (dont Erik Clavery et Romuald Depaepe) et du 87 km, extra terrestres bondissants et véloces, sans doute moins enclins à muser sur ce parcours enchanté que les ultra traileurs romantiques aux allures modestes. Aussi un grand moment que fut la traversée de la bonde du golfe, de Port Navalo à Locmariaquer, en zodiac (12 par 12 coureurs, environ 15 min, en temps décompté).
Ravitos standards (sucrés-salés) bien achalandés, arrosés à loisir au coca breizh (parait-il recette bretonne originale!!), pates et purées faites maison, ce qui ne gâte rien quand le gosier commence à saturer de ces ingestions énergisantes en tout genre.
A noter surtout le sans faute de l'organisation pour toute la logistique, orientation, barrières horaires confortables (enfin des gens bien!). Et évidemment l'accueil particulièrement chaleureux des spectateurs, presque à toutes heures des jours et des nuits de cette belle fête du trail!
Sinon, en ce qui concerne ma petite personne, la forme pétaradante du début s'est progressivement calmée avec la nuit et les kilomètres, puis une grosse période de doute m'a assailli le samedi vers 3h du mat, avec frissons et douleurs de tous les cotés. Un doliprane 1000 et c'était reparti pour une assez bonne fin de course (selon mes critères personnels, bien sur), qui m'a conduit au petit trot et en marche rapide jusqu'à l'arche de départ/arrivée, le dimanche vers les 2h30 du mat et permis de faire partie des 340 "terminants" (finishers en Grand Breton!), ravi de ce bon tour, joué à la bretonne et placé comme un petit bijou dans mon escarcelle à trésors.
Je recommande donc hautement ce tour (ou ses variations plus courtes) pour tous les traileurs de France et de Navarre en mal d'exotisme à bon compte!
La carte du parcours qui en dit long sur cette découpe quasi fractale de ce golfe, classé à juste titre "l'un des plus beaux du monde" est sur le site, très bien fait par ailleurs, également pour photos, résultats etc.
MIRODATOS Claude 178ème, 12èmeV3H en 31:48:15 617 partants, 340 classés
Club "La Foulée Muroise", aux portes de Lyon.
L’Ultra-Marin du Morbihan, 177km du 22 au 24 juin 2012.
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Course mythique autour du golfe du Morbihan qui permet lors des 177km, de découvrir de nombreux et divers paysages marins.
Suite à mon échec de l’an passé à Larmor-Baden (139ème kilo), j’avais à coeur de m’aligner à nouveau sur cette course et d’aller jusqu’au bout : ce qui fut fait avec un temps modeste de 32h23.
J’ai appris, durant cette année de préparation physique et surtout mentale, l’humilité de croire que même les plus faibles peuvent arriver à réaliser leur rêve. J’ai, donc, gardé la tête froide tout au long de ma course et évité toutes les réflexions philosophiques qui n’amènent qu’à douter de soi lorsque le mental ne suit plus.
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Grand Raid du Golfe du Morbihan 2012, l’Ultra tour par deux coureurs lambdas

Pour me situer, j’ai 44 ans, je travaille dans les bureaux, j’habite Paris et je n’ai pas de passé de sportif, j’ai fumé durant près de 20 ans à partir de 15 ans, j’ai commencé à courir en 2007 et aujourd’hui je m’entraine 3 à 5 fois par semaine entre les Buttes Chaumont, le Stade de la porte de Bagnolet et le bois de Vincennes, donc un terrain de jeu assez restreint parfois un peu rebutant? Mon frère, un peu plus jeune a commencé à courir il y a 10 ans, son passé sportif et sa vie professionnelle sont assez similaires. Même si nous nous entrainons séparément, Nous courons régulièrement ensemble ou l’un contre l’autre lors des compétitions. Nous avons compris, vu nos niveaux similaires, que nous y gagnerions à courir ensemble sur des courses longues.
Mi 2011, nous avons donc décidé de programmer une année entière de courses afin de passer de la catégorie trail long à l’ultra. Pourquoi ? Certainement comme beaucoup de quadra, remplir une dimension de notre vie par quelque chose qui reste extraordinaire pour le commun des mortels et ce, dans des endroits fabuleux.
Ainsi, nous avions programmé 12 courses qui, en terme d’objectifs et de logistique, nous permettait d’évaluer nos capacités et notre progression....malheureusement, du fait d’une entorse en août sur un trail en Vanoise, j’ai dû déclarer forfait....Mon genou gauche a été douloureux après une rando course de 30 kilomètres mi-mai. Cette douleur qui apparaissait sous le genou après 2-3 km sous la rotule diminuait après une dizaine de kilomètres et disparaissait au repos. Un passage chez l’ostéopathe, un achat de chaussures route universelles, et j’ai résolu en grande partie ce problème.
L’entrainement pour le grand Raid a été en dents de scie et depuis mi-avril, je n’avais fait qu’une seule sortie longue et quelques sorties de 12 à 18 kilomètres. J’ai coupé 8 jours avant le départ en me disant : advienne que pourra?
Mon frère pour sa part allait et rentrait de son travail en alternant course à pieds et vélo car il n’avait pas d’autres possibilités pour s’entrainer en raison de ses obligations familiales et professionnelles !
Jeudi 21 juin, je finalise mon sac et prépare mes tenues. Vu la distance, j’ai peur de manquer (et pourtant, on n’a pas besoin de grand-chose en trail en dehors du matériel obligatoire !), mon sac hors liquide pèse au moins 3kg?contre 1,5 à 2,5 kg pour beaucoup. Celui de mon frère me rassure, il a l’air d’en peser le double !...
Le choix des chaussures fut un cas de conscience, soit mes trails qui avaient été parfaites pour l’Ecotrail et avec lesquels je n’avais pas mal au genou mais qui sur route étaient peu amorties, soit des routes quasi neuves mais que je n’avais utilisées qu’une fois. Je pris la décision de commencer les 98 1ers km jusqu’à Locmariaquer avec les chaussures de trails et de mettre les routes dans mon sac suiveur.
Pour la boisson, j’avais préparé une vingtaine de doses de poudre à mettre dans l'eau dans des pochettes de compote que mes enfants avaient conservé à ma demande, que j’ai nettoyées, découpées, remplies avec la poudre et scotchées pour les fermer?. Quelques barres énergétiques pour occuper les papilles quand le goût de l’eau m’écoeurera?. J’ai aussi embarqué ma camera et sa perche de 1 m, parfaitement adaptée pour être rangée simplement dans mon sac 12 litres sans avoir à ralentir.
Vendredi matin, avec ma femme (notre chauffeur), les enfants, après avoir récupéré mon frère, nous voilà partis pour effectuer les 470 km qui nous séparent du départ. Nous avons retrouvé à Vannes, des amis qui nous ont accueillis et nous ont assistés avant et après la course. Nous nous préparons rapidement chez eux et allons rejoindre le lieu de départ.
Vannes est une petite ville très agréable au bord du golfe. Ce vendredi soir, le vent souffle et le soleil joue à cache-cache avec les nuages, dès que celui-ci est caché, il fait un peu frais. Il est 17h45, il n’y a pas encore beaucoup de monde. Nous récupérons nos dossards auprès de bénévoles prêt à taper la causette, l’ambiance est bon enfant, mais l’organisation reste efficace et tournée vers la course (contrôle des papiers, installation de la carte de pointage). Nous recevons en guise de cadeau de bienvenue une boite d’excellents gâteaux bretons. Nous laissons nos sacs suiveurs au stade de Vannes à 200 mètres du départ, sacs que nous récupérerons à Locmariaquer dans 98 kilomètres.
Après quelques derniers réglages, nous rejoignons amis et famille pour une dernière photo et sans s’en rendre vraiment compte la promenade de la Rabine est pleine de monde et nous sommes dans le sas de départ avec la famille au moment où celui-ci est donné ! Nous démarrons tranquillement du Quai Tabarly en allant vers le centre-ville pour faire un virage à 180° après 200 mètres qui nous emmène vers l’est du Golfe. Assez vite nous découvrons le sentier côtier, les criques, et le Golfe du Morbihan qui en cet instant nous émerveillent.
Nous n’avons alors jamais parcouru plus de 80 km en une étape, certes il y a peu de dénivelé mais nous savons qu’il y aura des escaliers et des racines qui après quelques dizaines de kilomètres pourront devenir dangereux et exténuants. Dès les premiers kilomètres j’écoute mon corps, je sais que la plomberie tiendra mais je suis plus inquiet pour la mécanique. J’ai l’impression que mon genou se charge de me rappeler qu’il était parfois douloureux ces dernières semaines, mais bon je n’arrive pas à évaluer si c’est physique ou psychologique, je décide de me concentrer à filmer un peu la course et le paysage et à apprécier la faune et la couleur en cette fin de journée venteuse et ensoleillée. Nous passons tranquillement le premier ravitaillement et prenons la route de Noyalo, et quand je dis la route, je me rends bien compte à la nuit tombée, qu’il y a beaucoup de route. Je ne regrette pas vraiment d’avoir mis mes trails car mon genou se fait oublier avec mais par contre, assez vite, mon pied s’échauffe et malgré leur préparation des semaines passées, les zones ou naitront les futures ampoules se font déjà connaitre. Nous ne nous souvenons pas trop des kilomètres faits dans la nuit, beaucoup sur route, d’autres sur sentier larges, et quelques passages boueux qui aspirent par deux fois ma chaussure !
Nous arrivons à Sarzeau au milieu de la nuit, mon frère avait suggéré avant la course de piquer un petit roupillon à Sarzeau, Suggestion que j’avais balayée, prétextant qu’il était trop tôt dans la course pour s’arrêter, voulant impérativement atteindre Locmariaquer pour le faire. J’aurais mieux fait de l’écouter, car déjà depuis quelques km la distance nous semblait insurmontable, nous suggérant l’un à l’autre que nous ne ferions plus de distance supérieure à 100 km ! Après quelques pâtes, deux ou trois soupes, nous voilà repartis, difficilement au début de Sarzeau, à Port Neze puis plus rapidement ensuite pour effectuer les 17 derniers km et atteindre l’embarquement. Jusque-là, afin de ne pas nous décourager, nous avions fixé l’objectif d’aller au centième km, tous les kilomètres au-delà de 80 étant déjà inconnus pour nous !
Très vite, trop vite, nous avons atteint Port Navalo, il est 10 h du matin, l’ambiance est assez amusante. Le chrono est arrêté durant l’embarquement, la traversée et le débarquement. On s’occupe de nous, on nous habille pour nous mettre dans le bateau (gilet de sécurité et coupe-vent). Il fait beau, et notre pilote à le coeur guilleret et part à toute vitesse vers Locmariaquer. A la mine de certains coureurs, on comprend vite que l’arrivée 5 minutes plus tard est salvatrice !

Nous profitons de l’arrivée et du fait que les chronos sont arrêtés pour passer un coup de fil à nos familles respectives, ma femme, les enfants et nos amis vont venir nous rejoindre au stade de Locmariaquer.
Nous nous remettons à courir afin d’arriver rapidement au stade. Après 15h39 de course (incluant la traversée en bateau), nous avons effectué un peu plus de 98 kilomètres.
Nos pieds nous font souffrir, toutes les zones d’échauffement de nos pieds sont devenues des ampoules. Nous avons mal de la taille à la pointe de nos pieds ! Le sac à dos commence à être un peu pénible à porter.
Nous mangeons tranquillement. Je l’ai déjà dit et écrit mais les bénévoles se plient en quatre pour nous faire plaisir et répondre à nos demandes. A la suggestion d’un vétéran de la course, nous décidons de prendre une douche même si nous n’avons pas le nécessaire de toilette, ensuite nous profitons des podologues, et avec mon frère, faisons un concours de la plus belle ampoule ! Il gagne haut la main, Deux charmantes jeunes podologues s’occupent de lui, elles photographient même ses ampoules !!!
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Je décide de ne pas changer de chaussures, en effet la paire de route que j’avais laissé avec le sac suiveur n’avait été utilisée qu’une seule fois. Je ne voulais pas prendre le risque d’attraper d’autres ampoules à des endroits différents.
Une fois les soins terminés, dans l’euphorie, nous faisons l’erreur de croire que nous pouvons repartir sans dormir un peu, nous ne savons pas si nous pourrons aller au-delà de Larmor Baden (kilomètre 138) mais c’est l’objectif que nous nous fixons.
Ces kilomètres au-delà de Locmariaquer vont être une tout autre aventure !
Après quelques photos avec la famille et les amis, nous marchons vers la sortie du stade. Nous nous remettons un peu à courir mais cela ne dure pas, nos jambes nous font trop souffrir, et plus le temps passe et moins nous courrons? Jusqu’à Auray, je me souviens assez peu du parcours, sauf que le parcours n’est pas très intéressant, avec beaucoup de routes et chemins forestiers. C’est en fin d’après-midi que nous atteignons Auray, nous ne profitons même pas de ce charmant village, seul le ravitaillement nous importe, il faut que je m’allonge, quand même pendant environ 15 à 30 minutes? Malgré la montre GPS, j’ai de plus en plus de mal à me situer dans le temps. Au moment où nous nous décidons de repartir, une horrible douleur se fait ressentir entre les doigts de pied, mon frère me suggère de consulter puisque qu’un poste médicale y est installé.
Nous repartons à nouveau en marchant par le sentier côtier, en direction de Baden, et là, c’est zéro plaisir, nous ne pouvons que marcher. Faire 10 kilomètres prend plus de deux heures. Je maudis les marches, les arbres et leurs racines, et un passage bien boueux qui nous détrempe à nouveau les pieds.
Les Deux premières fusées du Raid 86 kilomètres nous passent à ce moment-là, on sait que d’ici 2 ou 3 heures nous allons être beaucoup moins seuls sur les chemins.
Nous rattrapons chemin faisant 2 garçons et une fille qui font la course ensemble, pendant quelques kilomètres le fait de discuter, nous fait oublier un peu nos douleurs. Arrive un endroit ou le sentier côtier est barré de rubalise, il faut passer sur une poutre de béton de 20 à 30 centimètres qui passe au-dessus de l’eau. Des photographes de Flashsport attendent de l’autre côté afin d’immortaliser la scène.
Passer sur une poutre étroite après plus de 120 kilomètres de course est pour moi un véritable exploit, la jeune femme passe devant moi sans aucune difficulté, dès que je mets le pied dessus, j’ai l’impression que tout bouge, arrivé au milieu, il me faudra un certain courage pour arriver sur l’autre rive. En tout cas, la photo est bien sympa même si rétrospectivement, il n’y avait pas de danger particulier. Tomber dans l’eau là m’aurait poussé à abandonner.
Nous atteignons péniblement le petit ravitaillement de Baden et le temps nous parut si long que nous fûmes à contester le kilométrage auprès des bénévoles ? à tort? Mon GPS indiquant plus de 134 kilomètres alors que nous étions au kilomètre 126. Un coureur perclus de douleurs attendait les secours, pour qu’il ne se refroidisse pas l’un des bénévoles lui prêta son blouson. Franchement, j’ai été touché par ce geste.
Nous repartîmes assez vite sans courir, je décidais de me concentrer sur le kilométrage et de faire des calculs (distance, vitesse) afin de m’occuper l’esprit et d’oublier mes douleurs.
La nuit tombant, la fatigue se fait de plus en plus ressentir et par vague une irrépressible envie de dormir nous fait tituber, ce sont nos douleurs qui nous réveillent ! Accompagnant l’envie de dormir, des petites hallucinations : mon frère voit des ombres, moi les aiguilles de pins se lever sur leurs pointes et fuir devant moi ! Un peu plus tard ce sont les balises que je prends pour des personnes en train de porter les coupes vents que nous avions eu sur le bateau?. Même si ces hallucinations ne me gênent pas vraiment, j’essaie de me raisonner.
Plus de 27 heures de course et 40 heures que je n’ai pas dormi, l’arrivée à Larmor Baden est une bénédiction, il y du monde qui applaudi et attend ses champions, je suis épuisé, mécaniquement je m’oblige à manger de la soupe et du solide chaud (dont je suis incapable de me souvenir). Je dis juste à mon frère que je vais dormir car lui n’a pas encore commencé son plat, et qu’on se réveille dans une heure pour repartir. Je n’attends pas sa réponse, il faut que je m’allonge coûte que coûte, la tente dortoir est derrière les tentes de ravitaillement, je trouve un lit une couverture, je m’oblige à recharger mon téléphone et à mettre le réveil. Malheureusement, la recharge est mal mise, mon téléphone fini de se décharger et je ne me réveille pas. Il est 2 h du matin quand mon frère me dis : « on y va ? nous ne nous sommes pas réveillés ! ».
Je peste contre moi-même et, à tort contre mon frère, il reste 9h pour abattre les 39 derniers kilomètres, et j’ai l’impression de commencer la course avec les barrières horaires même si ce n’est pas vraiment le cas. Je bois un café. Il y a beaucoup moins de monde au ravitaillement qu’à notre arrivée, les coureurs du 86km ayant certainement pour la plupart repris la course.
Curieusement, avant de m’endormir, j’étais persuadé que je serai incapable de repartir, et finalement, ce ne fut pas si compliqué, en bien meilleure forme même si nous planions à 3000, nous pûmes reprendre la route en marchant sur un parcours parfois assez technique. Nous faisons un bout de chemin avec deux coureurs du 86 kilomètres, discuter nous permet d’oublier notre lenteur même si nous marchons d’un bon pas et fait passer sans s’en rendre trop compte quelques kilomètres. Finalement le besoin d’un arrêt technique nous sépare, nous leur souhaitons bonne chance et la lumière de leur lampe frontale disparait dans la nuit.
Au 1er ravitaillement d’Arrandon, nous mangeons les reliefs d’un ravito déjà bien dévalisé. Les plus mécontents sont les bénévoles désolés pour nous d’être si dépourvus alors que les coureurs prennent la chose avec compréhension et philosophie ou trop de fatigue ! Il est 4h du matin, cela nous indique aussi que beaucoup de coureurs nous sont passés devant. Cette impression persistera jusqu’au bout désormais.
Nous ne restons que quelques minutes, et nous redémarrons pour atteindre au plus vite, en marchant, le second ravitaillement d’Arrandon. Nous croisons des corps de traileurs en train de dormir sur les bancs, dans les sous-bois, sur les couvertures de survie. Je me pose à chaque fois la question, est-ce qu’ils ont mis le réveil ? Si près de l’arrivée, être hors délai car on ne s’est pas réveillé me ferait enrager !
Et là, la météo s’en mêle, un crachin breton, bien nommé commence à tomber, cela ne nous gêne pas vraiment, mais nous sommes inquiets de voir le temps évoluer vers une pluie averse et continue. Un traileur du Grand Raid se remet à courir, il reste alors 14 kilomètres, il lance aux quelques personnes alentours, que courir lui ferait du bien pour éliminer les toxines. Avec mon frère, on se dit que courir est terminé pour nous, nos pieds sont en sang, nos jambes douloureuses, le sac pèse une tonne et la fin est trop loin.
Malgré toutes ces misères après 1 ou 2 kilomètres, contre toute attente, on se décide à courir, et au bout de quelques minutes, courir nous semble presque plus confortable que de marcher. Au fur et à mesure, nous rattrapons des coureurs du 86 kilomètres qui nous regardent comme des extraterrestres et nous encouragent quasi systématiquement. Nous allons courir quasiment jusqu’au bout ! Arrivent enfin le dernier contrôle puis la promenade de la Rabine. Ma femme que j’avais appelé nous photographie et coure à nos côtés, nous ne voulons pas nous arrêter tellement nous souhaitons terminer. Nous avons en ligne de mire 2 coureurs du grand raid à 200 m devant nous, l’arrivée étant 300 m après. Nous les doublons sans un mot tellement concentrés à vouloir terminer sans marcher puis nous arrivons près d’un point de contrôle qui nous semble tourner vers la passerelle en bois. Alors que je m’engage sur la passerelle, le bénévole nous signale notre erreur, il faut aller tout droit. Alors que je fais demi-tour, je glisse et m’étale de tout mon long à ses pieds. Heureusement, en dehors de quelques ecchymoses, rien de grave, nous repartons immédiatement et tout de suite après le dernier virage, nous piquons un sprint digne d’un semi-marathon, main dans la main.
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Le bonheur d’arriver ! |
Malgré le peu de monde présent à cette heure à l’arrivée, nous furent chaleureusement accueillis par l’organisation et par ma femme. Après un peu moins de 38 heures de course et de marche, nous venions de « vaincre les 177 kilomètres du Grand Raid Golfe du Morbihan » comme c’est écrit sur le T-Shirt de Finisher. Nous étions fatigués, mais finalement pas tant que çà. |
Quelques jours après cette aventure, que reste-t-il ?
De beaux paysages, une ambiance et un esprit du trail comme on aimerait en rencontrer à chaque fois. Cela me conforte de plus en plus que tant que le gigantisme en nombre de participants n’est pas la règle, on peut passer des moments extraordinaires sur ces courses.
Nous avons beaucoup appris, aussi même si dès le début il nous a été enseigné que l’endurance n’est pas transférable (Merci Bruno Heubi), nous sommes partis trop vite. Et vu notre niveau et les presque 100 kilomètres inconnus au-delà de 80, nous aurions dû profiter du premier hébergement au moins pour nous y reposer un peu, repartir doucement sans nous précipiter vers l’embarquement. Nous avons grillé 80% de nos cartouches avant Locmariaquer.
Ce fut notre première expérience de l’ultra, de course de plus de 100 kilomètres et de course de plus de 13 heures. Et cela nous a confirmé que nous apprécions la grande distance et la longue durée, et c’est avec un vrai plaisir que je me représenterai au départ d’ultra trail et du Grand Raid !
Merci à l’organisation du Grand Raid d’avoir organiser un tel trail qui permet de découvrir un endroit magnifique. Merci surtout à tous ces bénévoles qui de jour comme de nuit, du début à la fin, ont toujours été prévenants et à se plier en quatre pour nous, premier ou dernier, chaque coureur est traité de la même manière, avec chaleur et bienveillance.
Yann - (RayaRun - Kikourou.net)
L' ENFER DU GOLFE: enfin... pas trop et c' est si bon!!
Alain Huart, de Nantes: Le Grand Raid de 177km.

Inscrit sur le 87km, en 2012, pour la 3ème fois
Ambiance plantée dès l' arrivée en voiture sur Vannes ce vendredi après-midi avec le titre accroche des journaux locaux: l'enfer du Golfe. Ah, ces journalistes!
1ère partie: le tourisme en courant
Le ciel est bleu pommelé, la température douce et le stress pour une fois ne m' assaille pas trop.
Mais comme tout débutant sur la distance, les interrogations se posent malgré tout:
l' entrainement a t' il été suffisant ou excessif, quelle sera la 1ère zone de mon corps à déclarer forfait et surtout comment pourrais-je gérer le manque de sommeil pour moi qui suis plutôt tendance "marmotte".
Bien dynamisés par le Bagad local avec ses binious, nous nous sommes élancés pour cette petite balade touristique en terre bretonne et ... découpée ....si découpée que çà en donne le tournis et fait perdre rapidement tout sens de l' orientation!!!!
Comme lors de mes footings et de mes courses longues, je démarre tout doux avec 1'30 de trotinette et 30 secondes de marche durant 1/4 d' heure avec quelques arrêts photo pour aggraver mon cas: la queue du long serpentin des plus de 500 coureurs n' est pas loin quand je commence à prendre mon allure de croisière.
Et là, je retrouve Jean-Yves et Muriel, meneur d' allure 13h30 à Millau en 2009 avec son accompagnatrice vélo. Ils avaient été là-bas mes bouées de sauvetage car je m' étais retrouvé seul avec eux dans les 30 derniers km après la côte de Tiergues, à un moment ou le moral et le physique commencent à bien flancher et ils m' avaient aidé à arriver au bout. Décidemment, que le monde de l' ultra est petit et ... des bouées de sauvetage dans le Golfe, çà risquait de plus servir qu'à Millau.
Ainsi formé, ce trio se forme et se déforme au gré de mes arrêts photos jusqu'à la nuit puis en fonction de l' état de forme de chacun.
1ère soirée déjà magique avec la lumière de fin de jour jusqu' à 23h et toujours ce mélange de terres, de vasières et de bras de mer entremélés . Tout aussi magique comme à l' habitude, le serpentin qui s' allume des petites lucioles pédestres dans la nuit juste de l' autre côté de l' anse ou..... à plus de 3-4 km suivant la profondeur de la crique. En plus, cette année, pas de pleine lune comme l'année dernière, ou la montée du globe orangé au dessus des flots à la mi-course du 86 km vers Larmor-Baden, m' avait laissé un souvenir extraordinaire. A la place, au menu, ce sera simplement pour le citadin que je suis et qui n' en a plus trop l' habitude, étoiles multiples à déguster éventuellement frontale éteinte, sur une portion de route goudronnée avant le ravitaillement de Port Nèze.
Au chapitre des ravitaillements, même si ceux çi sont toujours bien fournis et particulièrement accueillants grâce aux bénévoles, certains de ces derniers sont aussi parfois responsables de coups au moral quand ils annoncent un ravitaillement à 2km qui s' avérera être souvent plutôt 4-5 km: amusant au début, celà devient, quand la fatigue s' installe vraiment, assez déstabilisant.
1ère nuit qui s' achève avec au petit jour un bilan qui reste bon, sans douleur tendineuse ou articulaire qui m' avaient inquiété les premières heures de course, ni vol plané grâce aux racines ou trous le long du sentier côtier comme il y a 2 ans: à la place, à force de me concentrer sur le sol , j'ai oublié que le danger pouvait aussi venir d' en haut, la seule branche un peu basse du parcours a été pour moi. Heureusement, la casquette a servi d' amortisseur et je n' étais à ce moment là qu'en marche rapide!!
Petit matin vers le bout du Golfe avec quelques bateaux de pêche qui démarrent et le courant qui devient plus fort vers l' embouchure.
A Port Navalo, traversée de tout le village et de la côte pour ne pas monter directement dans les bateaux: juste 1-2 km (voire plutôt 2-3km) mais comme j'étais prévenu et que le plaisir d' arriver presque à mi-course devenait intense, cela offrait l' avantage de pouvoir profiter du spectacle de la pleine mer avec la baie de Quiberon avant de repénétrer dans le Golfe.
Moment d' émotion encore et sensation de vivre un moment unique à traverser durant 10 minutes, emmitouflés dans nos gilets de sauvetage + ponchos jaunes, l' extrémité du Golfe dans un soleil encore pas trop chaud, vers 9h du matin, comme je l' espérais dans mes prévisions.
Locmariaquer, mi-course et cela se gate!!!
Le ravitaillement avec le changement possible de vêtements est aussi l' occasion de se rendre compte que la course foulée rasante, voire trainante, n'est pas obligatoirement très recommandée pour les pieds. Une belle ampoule de bord de talon à percer par les podologues dévoués et je me demande si celà ne sera pas ce jour, mon point de faiblesse. Après 70 minutes environ d' arrêt, je repars seul en pensant rapidement retrouver Jean-Yves et Muriel, comme nous avions fait à de nombreuses reprises ces 15 dernières heures.
Mais assez vite, alors que l'on s'éloigne du bord de mer, c' est la lassitude qui prend le dessus et la fréquence cardiaque qui monte même pour de petits efforts. Je décide donc de marcher un peu, de mettre 2-3 airs entrainants sur mon MP3 et de revoir la situation ....un peu plus tard.
Dans ces petits chemins, au milieu des bois et des champs, un autre coureur semble aussi dans le dur ; durant environ 30 minutes, nous nous doublerons de nombreuses fois avant de nous rendre compte qu'il était plus raisonnable de marcher en commun d'un bon pas. Nous resterons ensemble Dominique et moi pendant près de 15 heures.
C' est toujours un moment psychologiquement difficile ou le coureur doit basculer d'une mentalité de coureur à 7-8 km en 1 heure, à la gestion d' un marcheur qui ne parcourera que 3 à 6 km dans le même temps; et quand il reste 70 km , le calcul de la durée d' effort encore à fournir et qui double quasimment nous fragilise encore un peu plus.
Même dans les descentes douces, nous n' arrivions plus ou n' avions plus envie de relancer une petite phase de course. Et la chaleur de fin de matinée même si elle était encore supportable dégradait encore notre motivation.
Vers 14h, nous sommes arrivés à St Goustan, grillés de fatigue. Au ravitaillement, alors que l' appétit était auparavant plutôt féroce, j' étais nauséeux dégouté, les bénévoles semblaient me regarder d'un air bizarre, en se demandant si j' allais encore pouvoir continuer.
1 er moment où l' idée d' abandonner tout, de fuir cette fatigue envahissante, s' installe dans ma tête. Et puis, pas d' endroit pour se reposer au niveau du ravitaillement.
Quelques centaines de mètres plus loin, Dominique accepte de s' arrêter, pour ce qui me tient le plus à coeur depuis déjà plusieurs heures; une sieste allongé sur un banc, un peu à l' ombre juste sous le pont de la 4 voies. Malgré le bruit incessant du trafic au dessus de nos têtes et des promeneurs du samedi après-midi le long de la rivière d' Auray, les yeux se ferment et le cerveau se vide pendant près de 1 heure.
Miracle du repos: quand Dominique me secoue, c' est comme si je repartais de zéro avec batteries presque à plein.
Ces heures de fin d' après-midi, à longer la rivière d' Auray jusqu'au Bono, puis Larmor-Baden sont de nouveau vécues comme une randonnée sympa dans un cadre enchanteur au lieu de la galère des heures précédentes.
Après Larmor-Baden vers 21h, nous, simples piétons, commençons à nous faire doubler par les premiers du 86km.
De nouveau, une 2ème nuit tombe, avec ce sentier côtier qui recommence à zigzaguer au fond des criques et baies qui semblent parfois ne jamais finir et à nouveau le moral s' effondre avec la fatigue qui revient en force. Les kilomètres semblent ne plus défiler sur nos montres; plus que 30km à faire, plus d' inquiétude sur les barrières horaires mais la notion de devoir encore marcher 7-8 heures redevient douloureux à concevoir.
Minuit, ravitaillement du Moustoir, les derniers kilomètres avec enchevêtrement de racines ont eu raison de ma volonté; j' annonce à Dominique, que je préfère m' arrêter pour me reposer, dormir et reprendre dans quelques temps.
Sous ma couverture de survie,malgré le bruit du ravitaillement, je me suis ainsi effondré durant 2h avant qu'un bénévole ne me réveille à ma demande.
A ce moment-là, le poste était plein de coureurs du 86 et du 56 km, pour certains encore remplis d' énergie.
Je n' avais plus envie d' envisager une marche trop longue, alors pour la première fois depuis près de 15 heures, j'ai essayé de me remettre à courir dans la foulée de mes nouveaux partenaires.
Nouveau miracle: comme il y a 2 ans, mes sensations sont revenues avec des jambes bien déliées et le plaisir de courir au milieu d' un sentier souvent escarpé semé d' embuches . Et le compteur des kilomètres s'est remis à défiler plus rapidement sans aucune douleur résiduelle.
L' ivresse d'une arrivée qui se rapprochait, m' a permis de prendre avec philosophie le moment ou à la pointe de Moréac, on peut presque toucher à quelques dizaines de mètres, les frontales des coureurs faisant déjà le tour de la presqu'ile de Conleau; mais 10 kilomètres de montées-descentes nous attendent avant d' en arriver là!!
Les derniers kilomètres autour de Conleau seront de nouveau fait en marchant; non pas qu'un nouveau coup de pompe soit arrivé, mais plutôt l' envie viscérale de ne pas faire finir trop tôt ces moments extraordinaires du petit matin quant l' on sait que l' arrivée est pour bientôt, telle la difficulté de cloturer le dernier chapitre d'un livre que l'on a adoré.
La dernière longue ligne droite du Port de Vannes est l' occasion de redémarrer en petites foulées puis de plus en plus vite, à une allure oubliée depuis déjà longtemps et enfin de finir les dernières centaines de mètres dans un sprint effréné secoué de sanglots de bonheur.
Voilà , désolé pour la longueur de mon récit, mais 35h 30 de joies et de difficultés (dont 7h de pauses alimentaires et ensommeillées) ont du mal à être résumées en peu de mots.
Mais le plus extraordinaire pour moi, reste la possibilité insoupçonnée dans notre vie quotidienne de rebondir alors que tout semble être devenu un enfer!!!
Il est 12h, après une douche et une nouvelle sieste, je reprend la route alors que les derniers coureurs du 178km se battent encore pour atteindre la ligne d' arrivée et que le thermomètre affiche déjà 30°.
J'aime trop démarrer comme une Tortue et finir tel un Lièvre

