L’Ultra-Marin du Morbihan, 177km du 22 au 24 juin 2012.

 

Course mythique autour du golfe du Morbihan qui permet lors des 177km, de découvrir de nombreux et divers paysages marins.
 
Suite à mon échec de l’an passé à Larmor-Baden (139ème kilo), j’avais à coeur de m’aligner à nouveau sur cette course et d’aller jusqu’au bout : ce qui fut fait avec un temps modeste de 32h23.
 
J’ai appris, durant cette année de préparation physique et surtout mentale, l’humilité de croire que même les plus faibles peuvent arriver à réaliser leur rêve. J’ai, donc, gardé la tête froide tout au long de ma course et évité toutes les réflexions philosophiques qui n’amènent qu’à douter de soi lorsque le mental ne suit plus.
 
La vexation de l’année passée m’a été d’une grande aide pour finir la 2ème partie du raid. Bien sûr, les amis au téléphone, les connaissances de course tel que TITI Déhais (coureurs d’extrême) qui vous encourage, fait énormément de bien mais il arrive un moment où votre cerveau se déconnecte totalement et ne tient plus compte des encouragements extérieurs.
 
Vendredi à 19h, le départ est donné et je me lance vers cette grande aventure. Mon rythme est très lent et je suis déjà dans l’économie car je connais le parcours et je sais très bien quelles sont les difficultés. Tout le monde me double et je rigolais tout seul dans ma moustache car je savais que je les rattraperais dans une 20aines d’heures.
 
Ma stratégie est très simple puisque j’avais décidé de zapper les 3 premiers ravitos afin de ne pas perdre trop de temps et surtout de remonter dans le peloton. J’avais tout prévu avec sandwiches et liquides de telle façon que je puisse tenir au moins une 10aines d’heures sans m’arrêter.
 
J’ai cravaché comme cela jusqu’au bateau où j’avais retrouvé, par hasard, le Poulpe, un mec de mon club, un peu avant Sarzeau, Ma stratégie avait donc bien fonctionné. Nous avons fait la traversée en bateau ensemble puis avons rejoint Locmariaquer pour une pause bien méritée. A l’ordre du jour, un coup d’Ostéo, un coup de Podologie et une petite sieste de 15min. Ensuite nous sommes allés manger puis nous sommes repartis.
 
Je voyais que mon poulpe avait plus de « patate » que moi, alors je lui ai dit de ne pas m’attendre et à nouveau, ma course redevient une course solitaire. Je suis hyper concentré et essaye de ne pas perdre de vue mon objectif. J’ai mal aux pieds mais les ostéos m’ont bien retapé, ce qui me permet d’avancer en marchant vite et de limiter la casse au niveau du timing.
Les kilomètres défilent doucement mais contrairement à l’an passé, je ne fais aucun plan sur la comète et gère le temps en écoutant la musique ; cela m’a permis de déconnecter un certain temps.
 
Je connaissais le terrain jusqu’à Larmor, ce qui m’a permis de bien gérer mes relances en essayant de courir un peu, histoire de dérouiller les jambes. A ma grande surprise, je n’ai aucune douleur ni dans les cuisses, ni dans les mollets. Pas une seule crampe, rien, que du bonheur si ce n’est les pieds qui me font à nouveau mal mais peu importe, je marche à allure sportive.
Dans ce contexte, la 2ème nuit de course arrive et je me prépare mentalement à attaquer cette 2ème nuit en me disant qu’elle me permettrait de ne pas voir le paysage et de marcher un peu à l’aveugle ; cela évite les mauvaises surprises causant une destruction mentale. Mesdames et Messieurs les bénévoles, n’annoncez donc jamais le nombre de km qu’il reste avant un ravito si vous n’êtes pas sûrs de la distance, c’est destructeur, on attend, on attend, ça ne vient pas, on peste, on peste bref ce n’est pas le top.
 
Larmor-Baden est passé, j’y ai retrouvé le sanglier, un autre collègue du club, qui avait abandonné au 120ème km sur blessure. Il me rebooste et m’encourage, m’aidant à passer le cap de l’année dernière où j’avais abandonné. Mais gonflé à bloc je repars et me fais doubler par toutes les autres courses de la journée à savoir le raid 56 et le raid 87. Tout le monde me félicite tout en me disant que je suis fêlé de faire une telle course, mais je n’étais pas tout seul puisqu’au départ, nous étions 580 à la faire.
 
Il fait nuit noire et je continue à avancer en marche rythmée. Les sentiers, les escaliers, les plages en marée haute à traverser (donc les pieds dans l’eau) se suivent et je continue mon petit bonhomme de chemin. Avant dernier ravito, puis dernier ravito qui me laisse à 15 bornes de vannes.
 
On aperçoit les lumières de la ville et là, je me dis que je vais réussir une superbe revanche mais surtout une magnifique aventure. Je fais le tour de la presqu’ile avant Vannes puis, reste 4km à faire qui sont interminables. Le port en vue, je rentre dans la ville avec les couleurs oranger des lampadaires. Je souffre des pieds mais ils arrivent tout de même à me porter vers la victoire, ma victoire. Il est 3h23 du matin, il n’y a quasiment personne sur la ligne d’arrivée mais dans mon coeur, tout les gens que j’aime sont avec moi !
 
J’étais tellement épuisé que je n’avais même plus d’énergie pour verser une petite larme, donc j’ai fini en rigolant. J’ai mon tee-shirt de finisher, ma boite de gateau, bref j’ai rempli ma mission.
Merci aux bénévoles d’avoir supporté nos effluves corporels à chaque ravito mais aussi pour leurs dévouements et leur gentillesse.
 
Vive la Bretagne , vive la NORMANDIE !
 

 

Le 04 juillet 2012

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